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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

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Le numéro du mois

n° 425 - mars 2026
Editorial
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Editorial

Face à la répression, nous refusons de reculer

Ce qui s'est passé le 14 janvier n'est pas anodin. Faire taire des paysannes et des paysans par des gardes à vue abusives n'est pas un simple dérapage, mais une remise en cause de nos droits fondamentaux. En plaçant 52 responsables syndicaux en garde à vue sans suite judiciaire, le pouvoir envoie un signal clair : intimider pour faire taire toute voix dissidente de l'agenda libéral porté main dans la main par les dirigeants de la FNSEA* et le gouvernement. Face à cela, nous refusons de reculer. La Confédération paysanne porte plainte.

Plus de cinquante plaintes contre X ont été déposées pour atteinte à la liberté d'expression, de réunion, d'exercice des droits syndicaux et de manifestation, pour atteinte arbitraire à la liberté individuelle par une personne dépositaire de l'autorité publique, ainsi que pour non-intervention pour l'arrêt d'une privation de liberté illégale.

Nous ne laisserons pas s'installer une criminalisation des luttes paysannes. Nous ne laisserons pas des procédures bâillon intimider celles et ceux qui luttent contre ce système économique qui nous écrase. Cette plainte est un acte politique : elle affirme que l'exercice du droit syndical est un fondement démocratique non négociable.

À l'heure du grand rendez-vous du Salon de l'agriculture, fin février, où l'on a pour habitude de célébrer une image bucolique du monde agricole, cette image sera ternie par l'absence de bovins, créant un vide abyssal, preuve accablante de l'échec de la gestion sanitaire de la crise de la DNC. De « grandes annonces » sont attendues pour le monde agricole, une énième loi d'urgence encore plus urgente que les autres, répondant aux éternelles doléances des dirigeants de la FNSEA*, pour toujours plus de déréglementation et de compétitivité, jusqu'à ce qu'il ne reste plus qu'une poignée d'agri-trader-manager…

Empressé de satisfaire ses amis cogestionnaires de toujours, alors qu'ils ne s'étaient mobilisés qu'à la marge, le gouvernement avait promis une loi sur l'eau, la prédation et les moyens de production. La pression est pourtant grande : la FNSEA*, qui paradait fièrement mi-janvier d'avoir obtenu satisfaction, fait désormais semblant de craindre que la loi d'urgence ne se résume qu'à « trois bricoles ». Elle déroule de nouveau sa liste de courses, avec une « quarantaine de propositions », dans un ultime effort pour démontrer à ses adhérent.es qu'elle sert à quelque chose.

L'Union européenne, quant à elle, poursuit son travail à marche forcée, rapidement et discrètement, pour éviter au maximum le débat démocratique, en vue de la ratification des accords de libre-échange, et plus particulièrement de celui en négociation avec l'Australie. Une menace de plus pour l'élevage, notamment l'élevage ovin, car ce sont plusieurs dizaines de tonnes de viande ovine qui détruiraient encore davantage cette filière.

Les fortes répressions prouvent la fébrilité du gouvernement face à la contestation grandissante de ces politiques libérales voulues par quelques-uns au détriment de la majorité. Une chose est sûre : nous refusons ce silence imposé. Nous continuerons à agir, à alerter, à proposer. Défendre les libertés syndicales, c'est défendre la démocratie. Défendre l'agriculture paysanne, c'est défendre l'intérêt général. Maudite soit la guerre économique et sanitaire !

Thomas Gibert, porte-parole

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