Retraites agricoles : un travail à poursuivre pour améliorer les petites pensions
Nous saluons donc la proposition de loi du député Julien Brugerolles portant plusieurs mesures de justice en faveur de la revalorisation des pensions de retraites agricoles présentée cette semaine à l'Assemblée nationale. Cette initiative a le mérite de rouvrir le débat.
La Confédération paysanne a travaillé sur des mesures précises et complémentaires à ces propositions, pour assouplir les conditions d'accès au montant minimum de pension fixé à 85% du SMIC* et son dispositif d'écrêtement.
Dans la lignée de la loi Chassaigne 2, nous souhaitons aussi corriger certaines caractéristiques injustes spécifiques au régime agricole dans le calcul de sa pension de base (Pension Majorée de Référence), dans une logique de convergence avec le régime général. La PMR* constitue un levier efficace pour revaloriser les plus petites pensions et bénéficie prioritairement aux paysan·nes qui ont exercé sous les statuts précaires d'aide familial et de conjoint·e collaborateur·trice, notamment les femmes. Nous demandons également une augmentation exceptionnelle de 100€ de la PMR* pour les paysan·nes qui ont liquidé leur pension avant le 1er septembre 2023 et ont été injustement exclu·es de la revalorisation précédente (réforme Borne).
Au-delà de ces mesures d'urgence, d'autres chantiers d'ampleur doivent être engagés. Nous devons mettre en œuvre un plan de rattrapage pour les retraites agricoles dans les départements et les régions d'outre-mer, afin d'assurer une convergence avec le montant des pensions constaté dans l'Hexagone et favoriser la transmission des exploitations agricoles. Un autre sujet prioritaire est le financement de la protection sociale : comment assurer une contribution équitable et faire progresser nos droits, quand les plus hauts revenus jonglent avec les mécanismes d'optimisation pour réduire artificiellement leurs cotisations ?
Comme nous l'avions dénoncé, la réforme du calcul de la retraite de base selon les 25 meilleures années ne bénéficiera qu'aux futur·es retraité·es ayant les plus hauts revenus. Le débat est donc loin d'être clos : beaucoup reste à faire pour assurer à l'ensemble des paysan·nes des retraites dignes et équitables.



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